Organisation du Conseil Présidentiel de l’Investissement : L’Etat engage les concertations avec le secteur privé
L’Agence pour la Promotion des Investissements et des Grands Travaux (APIX), en collaboration avec la Primature, a organisé, le lundi 9 février 2026, un atelier de concertation entre l’État et le secteur privé. Cette rencontre visait à recueillir les contributions des acteurs économiques en vue de renforcer les axes majeurs du Conseil Présidentiel de l’Investissement (CPI) dans son nouveau format.
Le CPI rénové se veut désormais un cadre stratégique de dialogue permanent entre l’État et le secteur privé, dédié à la promotion de l’investissement au Sénégal. À ce titre, l’atelier de concertation, qui a réuni des représentants de l’administration et du secteur privé, a servi de tribune pour identifier les attentes des investisseurs et formuler des propositions concrètes.
Présidant les travaux, le ministre, secrétaire général du Gouvernement, Boubacar Kamara, a souligné l’importance de cette rencontre, qu’il considère comme « un moment clé permettant de jeter un regard sur le passé, de poser les jalons de l’avenir et de présenter les grandes lignes du présent ». Selon lui, les échanges ont permis de constater que plusieurs réformes engagées par le passé n’avaient pas abouti et qu’un cadre juridique clair encadrant le CPI faisait défaut.
Avec le changement de régime, les nouvelles autorités ont initié des programmes structurants tels que l’Agenda national de transformation Sénégal 2050 et le Plan de Redressement Économique et Social (PRES). Une démarche fondée sur le triptyque « redresser, impulser, accélérer », a rappelé le Secrétaire général du Gouvernement. Dans ce contexte, il a cité les principales réformes engagées, notamment celles relatives au Code général des Douanes, aux Codes des Impôts et Domaines, ainsi qu’au Code des Investissements.
D’où, selon lui, la nécessité d’une concertation étroite avec les acteurs économiques afin de mener ces réformes de manière inclusive et concertée.
Attentes du secteur privé
S’exprimant au nom du secteur privé, Baidy Agne, président du Conseil National du Patronat (CNP), a salué la tenue de cet atelier. Il a toutefois plaidé pour une implication du secteur privé en amont dans l’élaboration des réformes engagées par l’État. Une telle approche permettrait, selon lui, aux organisations patronales de mieux organiser les concertations internes afin de définir des positions et propositions consensuelles.
« Le secteur privé sénégalais aime son pays, investit, crée des emplois et entend agir aux côtés du Gouvernement pour sortir le Sénégal de cette zone de turbulence socio-économique », a déclaré le président du CNP.
Revenant sur les attentes majeures du secteur privé, Baidy Agne a décliné sept points jugés prioritaires avant la tenue du CPI rénové. Il s’agit notamment d’une meilleure visibilité sur les grandes réformes relatives au Code général des Impôts, au Code général des Douanes et au Code des Investissements ; de la prise en compte des préoccupations du secteur privé issues des négociations sociales autour du nouveau Code du travail ; de la relance des grands chantiers du BTP et des infrastructures ; de la généralisation de la dématérialisation pour plus de transparence ; d’un meilleur accès au foncier et d’une sécurisation accrue des investissements ; de la création de tribunaux de commerce dans les pôles territoriaux et du renforcement des capacités des juridictions commerciales ; ainsi que de la concertation public-privé dans le cadre du projet de loi sur la souveraineté économique.
Faire du Sénégal un pays propice à l’investissement
Pour sa part, le Directeur général de l’APIX, Bakary Séga Bathily, a estimé que la compétitivité du Sénégal se construit nécessairement dans une dynamique de concertation entre l’État et le secteur privé. Analysant la pertinence du CPI, il a rappelé les résultats majeurs obtenus grâce à ce cadre de dialogue, tout en soulignant la nécessité de l’adapter aux exigences d’une économie en pleine mutation, notamment avec l’entrée du Sénégal dans l’ère de l’exploitation des hydrocarbures.
Le nouveau format du CPI repose ainsi sur trois principes fondamentaux, a-t-il précisé : instaurer un cadre structuré de dialogue entre l’État et le secteur privé, mettre en place un mécanisme de suivi-évaluation orienté vers la performance et garantir une meilleure inclusion du secteur privé.
À travers cette rencontre, Bakary Séga Bathily dit attendre des propositions concrètes, avec pour ambition ultime de « faire du Sénégal l’un des pays les plus propices à l’investissement ».
À l’issue des discours d’ouverture, l’APIX a présenté le projet de nouveau format du CPI. Cette présentation a été suivie de discussions ouvertes, « à bâtons rompus », entre les représentants de l’État et ceux du secteur privé.
Sanou BADIANE

