Immersion dans une boulangerie : L’autosuffisance en blé, tremplin pour l’essor de la pâtisserie locale

À la pointe de son activité, Moustapha Sall, propriétaire de la Boulangerie jaune, a su transformer sa vision en un projet. Dans les vitrines de la pâtisserie, il mise sur le « Made in Sénégal », visant à réduire la dépendance au blé importé. Une immersion, dans le quotidien de ce professionnel (qui prône l’autosuffisance en blé), met en lumière le parcours, de ses débuts à son ascension.

Point de repère local pour les produits de boulangerie artisanaux à Dakar, tels que les pains, viennoiseries, pâtisseries…, la Boulangerie jaune se distingue par des initiatives « Made in Sénégal », visant à réduire la consommation de blé importé.

Après 16 ans aux Etats-Unis, Moustapha Sall a décidé de rentrer au Sénégal et d’investir dans son pays notamment dans la pâtisserie pour prendre les rênes d’une entreprise familiale créée par sa mère en 1994.

Alors que le pain devient de plus en plus cher en Afrique, le patron de la Boulangerie Jaune propose aujourd’hui des alternatives à base de produits locaux pour réduire la dépendance au blé importé. Une immersion dans sa pâtisserie révèle un univers exigeant, rythmé par la rigueur technique et la passion du fait-maison.

Faire du Sénégal un grenier céréalier

Logée à l’entrée de la pâtisserie, la partie baptisée « le mur du blé » ne laisse pas indifférents les clients.

La culture du blé est une réponse à la problématique de la souveraineté alimentaire, selon Moustapha Sall. Dans un pays qui importe chaque année plus de 860 000 tonnes de blé, équivalant à 232 milliards de francs CFA, cette production locale ouvre désormais une voie concrète vers l’autonomie céréalière.

Toutefois, cette avancée ne sera pas possible sans l’accompagnement scientifique et technique  de l’Etat et des industriels.

Selon le propriétaire de la Boulangerie jaune, des initiatives pilotes doivent être lancées pour développer la production locale. Dans ce sens, il préconise l’élargissement de la culture du blé, du fonio et la transformation de ces céréales locales en farine.

Il suggère également la promotion de ces filières, la subvention des producteurs,l’accès au foncier, l’aménagement des équipements pour une main-d’œuvre qualifiée mais aussi des projets visant la souveraineté.

« Les structures rattachées à l’Etat tel que l’ISRA doivent accompagner les entrepreneurs pour permettre au Sénégal d’être un grenier céréalier de l’Afrique », poursuit-il.

Investir sur le capital humain

Selon Moustapha Sall, la pâtisserie au Sénégal  est un tremplin  et laisse place à la créativité. « On voit beaucoup de jeunes qui sont en train de se lancer, et faire des reconversions professionnelles. Ce qui est beau», s’enthousiasme-t-il.

Toutefois, il faut un accompagnement et une bonne formation du capital humain. Cela participe à réduire les importations.

En ce sens, la Boulangerie jaune collabore avec l’Ecole  des métiers de la farine. On y dispense la filière boulangerie-pâtisserie-restauration associée à l’hôtellerie, informe-t-il.

Avec une capacité d’accueil de plus de cent (100) étudiants, cette structure, à l’image des autres écoles de formation du même secteur, rencontre des problèmes de partenariat et de soutien.

Des acteurs comme le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT) doivent davantage accompagner ces écoles pour former les jeunes, soutient le chef d’entreprise.

Le plus important, selon Moustapha Sall, c’est la transmission, qui permet « de former de futurs professionnels dans ce domaine ». Pour ce faire, l’Etat devrait investir sur le capital humain et accompagner les écoles proposant des formations qualifiantes et diplomates.

Thérèse SAMBOU

Papa Code NDOYE

http://bie.cciad.sn

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