PNSS-CID : La CNES plaide pour une révision de la méthodologie d’évaluation
La Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES) appelle à préserver le Pacte national de Stabilité sociale pour une Croissance inclusive et durable (PNSS-CID), tout en revoyant sa méthodologie d’évaluation. Son président, Abdel Kader Ndiaye, a défendu cette position lors de la rencontre de suivi de la mise en œuvre du Pacte, tenue le jeudi 15 octobre 2026, sous la présidence du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô.
Après 17 mois d’exécution du PNSS-CID, signé le 1er mai 2025, la CNES estime que sa mise en œuvre reste « bien en deçà des attentes du secteur privé national ». L’organisation patronale préconise ainsi une évaluation fondée sur le principe du contradictoire et respectant pleinement l’approche tripartite entre l’État, les employeurs et les travailleurs.
Selon la CNES, cette démarche tripartite a notamment été fragilisée par des modifications opérées par le Gouvernement sur certains arbitrages relatifs aux réformes des Codes du travail et de la sécurité sociale. Le patronat cite, entre autres, la durée du congé de maternité et le plafonnement des dommages-intérêts pour licenciement abusif.
Préserver la trêve sociale
Malgré ces réserves, Abdel Kader Ndiaye a salué l’engagement du Premier ministre en faveur du dialogue et de la sauvegarde du Pacte. Pour la CNES, le maintien de cet instrument demeure essentiel à la préservation de la trêve et de la paix sociales.
L’organisation patronale invite ainsi le Gouvernement à relever le niveau d’exécution de ses engagements et à poursuivre les concertations afin de consolider la confiance entre l’État et le secteur privé.
Sur le plan économique, la CNES remet également sur la table plusieurs préoccupations jugées urgentes. Elle réclame notamment l’apurement accéléré des créances dues aux entreprises, particulièrement dans les Bâtiments et Travaux publics (BTP), l’énergie et les services.
Le patronat appelle également à une relance concertée de l’économie nationale et à la mise en place effective d’un dispositif d’appui aux entreprises confrontées à des difficultés imputables à l’État ou à ses démembrements. Il insiste, par ailleurs, sur la nécessité de renforcer la lutte contre la concurrence déloyale dans les secteurs industriel et commercial ainsi qu’au Port de Dakar, afin de préserver la compétitivité des entreprises nationales.
Appel au dialogue social
Dans un contexte marqué par la menace d’une grève générale des travailleurs annoncée pour le 21 octobre, la CNES appelle les différentes parties à privilégier le dialogue et la paix sociale.
Pour Abdel Kader Ndiaye, la consolidation de la stabilité sociale passe notamment par une meilleure prise en charge des préoccupations des entreprises, une méthode de suivi transparente du PNSS-CID et le respect de l’esprit tripartite du Pacte.
La CNES mise ainsi sur la poursuite des concertations sous l’égide du Premier ministre pour réajuster la mise en œuvre du PNSS-CID et consolider un partenariat entre l’État, les employeurs et les travailleurs favorable à la stabilité sociale et au développement des entreprises.
Onass MENDY

