Gouvernance du secteur informel : Un Conseil interministériel dédié à la formalisation en perspectives
Le Premier ministre, Ousmane Sonko a annoncé l’adoption prochaine d’une nouvelle doctrine de l’économie informelle, le mercredi 8 avril 2029 à l’occasion du Conseil des ministres. Selon le chef du Gouvernement, la formalisation du secteur dit « informel » constitue une condition de notre compétitivité et un défi majeur. Il relève les caractéristiques de cette économie, à savoir une faible productivité, une assiette fiscale étroite, une couverture sociale insuffisante et un pilotage institutionnel fragmenté.
Partant du constat que la Stratégie Nationale Intégrée de Formalisation de l’Economie Informelle (SNIFEI), couvrant la période 2022-2026, n’a pas produit les résultats escomptés, Ousmane Sonko a ordonné une évaluation indépendante de ladite politique. A l’issue de ce processus, la Primature attend l’élaboration d’une nouvelle doctrine. Celle-ci devra à la fois inciter à la formalisation et sanctionner les situations de fraude organisée. L’objectif est de faire de la formalisation un levier de compétitivité, de création d’emplois décents et de transformation structurelle de l’économie.
Le Premier ministre a classifié le secteur informel en quatre catégories. Il s’agit de l’informel de survie, de l’informel de transition, de l’informel d’optimisation et enfin de l’informel illicite. Ousmane Sonko prône l’alignement des dispositifs d’appui et l’approche interministérielle. Il insiste également sur la nécessité d’instaurer des arbitrages stratégiques, notamment à travers l’opérationnalisation effective du statut de l’entreprenant, l’immatriculation comme condition d’accès aux avantages publics, une protection sociale visible et accessible ainsi qu’une lutte renforcée contre la fraude organisée.
Il revient au ministre, Secrétaire général du Gouvernement, Boubacar Camara, la charge de faire une proposition d’organisation du Conseil interministériel dédié à la formalisation, dans un délai de 15 jours. La mission confiée à ce futur organe est l’adoption d’une stratégie nationale rénovée. Le Conseil interministériel va mettre en place une feuille de route opérationnelle avec des objectifs chiffrés par Ministère et des arbitrages budgétaires et réglementaires clairs.
Onass MENDY

