Relance économique : Les solutions de la CNES
Constatant une conjoncture économique, la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES) a fait part de son inquiétude grandissante à l’occasion d’une déclaration, face à la presse tenue le jeudi 18 juin 2026. La CNES a dévoilé sa feuille de route, articulée autour de 10 priorités, et a soumis des propositions concrètes pour relancer immédiatement l’économie. Les discussions ont principalement porté sur la dette intérieure, la gestion de l’endettement public, la fiscalité des entreprises, le dialogue social, etc. Face à un climat économique particulièrement contraignant, le monde des affaires a exprimé de fortes réserves.
La morosité économique actuelle suscite une vive préoccupation au sein de la CNES. S’exprimant à cette occasion, le président de la CNES, Abdel Kader Ndiaye a réaffirmé son engagement à soutenir l’État dans l’atteinte des ambitions définies par le référentiel Sénégal 2050. Dans la même veine, le dirigeant patronal a accueilli avec satisfaction la volonté du nouveau gouvernement de placer la relance de l’économie nationale au centre de ses actions. En dépit des orientations claires formulées par le Chef de l’État en Conseil des ministres du 5 Juin 2026, force est de constater que le secteur privé se sent encore tenu à l’écart des sphères de décision, a-t-il souligné.
Dix propositions
Face à ces urgences la CNES a structuré ses revendications et propositions en 10 axes. La première priorité porte sur la clarté de la vision gouvernementale pour les opérateurs économiques. La deuxième insiste sur le rétablissement d’un dialogue et d’une concertation réguliers. Le troisième point vise le respect du Pacte de stabilité sociale. Le quatrième point évoque la gestion par l’Etat de la question de la dette dite « cachée ». Le cinquième point est consacré au règlement accéléré de la dette due aux entreprises.
Le sixième concerne la lutte contre la pression fiscale ou réglementaire excessive. Le septième préconise une transparence accrue et une démarche de co-construction pour les projets de lois. Les trois derniers axes stratégiques visent à renforcer la souveraineté économique, à restructurer le coût des facteurs de production, ainsi qu’à promouvoir le contenu local et l’émergence de champions nationaux.
À sa suite, le President de la Fédération Nationale des Industriels du Sénégal, Alla Sene Gueye, a tiré la sonnette d’alarme. Il appelle les pouvoirs publics à apurer la dette intérieure contractée auprès des entreprises privées. Le vice-président de la CNES a souligné que cette ardoise financière massive, combinée à des coûts de financement exorbitants, paralyse les acteurs économiques. Selon lui, les recettes internes de l’Etat ont augmenté, passant d’environ 3719 milliards à 4087 milliards de FCFA entre 2023-2025.
Rôle clé du secteur privé
Concernant les dépenses d’investissement de l’État sur les ressources internes, ces dernières ont connu une baisse, passant de 857 milliards en 2023 à 559 milliards de FCFA en 2025. Pour Alla Sène Gueye, cet écart de 298 milliards FCFA témoigne d’une perte inquiétante de marge de manœuvre de l’Etat dans la gestion de sa dette.
Abondant dans le même sens, Bara Tall, fondateur de Talix-Group et membre de la CNES a mis en garde contre une situation économique nationale critique. La plupart des entreprises ne pourront plus honorer leurs créances à la fin du mois de juin 2026, a-t-il prévenu. D’après lui, les mesures actuelles de l’État sont insuffisantes. « Il ne s’agit plus seulement d’apurer cette dette intérieure », a-t-il alerté. Selon l’homme d’affaires, aucun pays ne peut bâtir une industrie des travaux publics sans l’intervention et l’appui de l’Etat.
En guise de synthèse, le président de la CNES a insisté sur le rôle central du secteur privé. Il a rappelé que le secteur privé est un véritable moteur de l’économie nationale, générant à lui seul plus de 85 % de l’investissement productif et 90% des emplois créés dans le pays.
Face aux enjeux économiques, la CNES a insisté sur la nécessité de renforcer un dialogue entre le gouvernement, les entreprises et les bailleurs de fonds.
Thérèse SAMBOU

