25ᵉ Session des Assises Économiques Annuelles du MEDS : Réflexions autour de la transition énergétique du Sénégal
Le Mouvement des Entreprises du Sénégal (MEDS) a ouvert, le jeudi 10 septembre 2026 à Dakar, la 25e édition de ses Assises annuelles. Autour du thème de la transition énergétique mondiale et de la souveraineté structurelle du pays, le président du MEDS et les panélistes ont axé les échanges sur les défis économiques et géopolitiques majeurs qui s’imposent au Sénégal. »
« Le Sénégal se trouve à un tournant de son histoire économique », a affirmé Mbagnick Diop, président du Mouvement des Entreprises du Sénégal (MEDS). Selon lui, le contexte international, marqué par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui déstabilisent les marchés de l’énergie, et par l’accélération de la transition écologique, impose au pays des défis majeurs. Le Sénégal doit désormais concilier sécurité des approvisionnements, compétitivité des coûts et lutte contre le changement climatique.
Justice et équité au cœur de la transition
Récemment devenu producteur de pétrole et de gaz, le pays fait face à des choix décisifs. Il lui faut désormais trouver l’équilibre entre l’exploitation des ressources et la transition énergétique, stabiliser son économie et impulser un développement durable, assure M. Diop. Selon lui, ce changement de statut soulève une interrogation majeure sur la manière d’optimiser stratégiquement ce patrimoine énergétique au cœur de la transition mondiale.
Le président du MEDS a rappelé que le Sénégal, dans sa dynamique de transition écologique, a élaboré plusieurs cadres stratégiques majeurs, notamment la Vision Sénégal 2050, la Stratégie Nationale de Développement (SND) 2025-2029, la CDN révisée 3.0 et le Partenariat pour une transition énergétique juste (JETP). Toutefois, pour garantir une trajectoire inclusive et durable, le pays doit impérativement fonder cette transition sur des principes de justice et d’équité.
Environnement des affaires transparent
Présent à la cérémonie, le président de l’Office National de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), Moustapha Kâ, a souligné que les enjeux majeurs de cette session rejoignent pleinement les convictions de son institution. Selon lui, il ne peut y avoir de souveraineté économique sans une gouvernance irréprochable des ressources. Il a insisté sur la transparence absolue dans l’exploitation des ressources naturelles. Pour lui, la souveraineté d’un pays repose avant tout sur sa capacité à piloter ses richesses au profit direct du peuple sénégalais.
Assurer un environnement des affaires transparent est indispensable pour rassurer les investisseurs et éradiquer la concurrence déloyale, estime M. Ka. Selon lui, la clé réside dans une prévention. Pour concrétiser cette vision, l’OFNAC incite les administrations à adopter un code d’éthique et de déontologie. Cette démarche, initiée via des ateliers ministériels sur les risques de corruption, est appelée à se déployer à plus grande échelle.
Pour conclure, M. Ka a salué le partenariat signé entre l’OFNAC et le MEDS visant à promouvoir l’intégrité dans le secteur privé.
Optimiser la production énergétique
À sa suite, le président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), Fally Seck a souligné que l’énergie est un levier de puissance et de souveraineté nationale. En tant que nouveau producteur de pétrole, le Sénégal porte une responsabilité historique. Selon M. Seck, l’urgence est de déterminer comment exploiter ces ressources pour que cette richesse exceptionnelle améliore concrètement la vie des citoyens. C’est là tout l’enjeu de cette production, insiste-t-il.
D’après ses analyses, les tensions entre la Russie et l’Ukraine et la cherté du brut créent un climat d’incertitude géopolitique. Ce contexte explique la flambée des prix du pétrole et du gaz enregistrée au Sénégal en août 2026. Ce débat arrive donc à point nommé pour guider le développement de divers projets sectoriels et créer davantage de valeur ajoutée à partir des ressources naturelles du pays.
Thérèse SAMBOU

