Concurrence déloyale et difficultés portuaires : L’alerte lancée par l’UNACOIS, l’ACIS et le CEATLCS

L’Union Nationale des Commerçants et Industriels du Sénégal (UNACOIS-Jappo), l’Association des Commerçants et Industriels du Sénégal (ACIS) et le Collectif des Entreprises et Acteurs du Transport et de la Logistique du Commerce Sénégalais (CEATLCS) ont tenu, le mercredi 7 octobre 2026 à la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD), une conférence de presse conjointe sur le thème : « Sauver l’entreprise sénégalaise : face à la concurrence déloyale et au chaos portuaire ». Dans une déclaration lue par le directeur exécutif de l’UNACOIS-Jappo, Ousmane Sy Ndiaye, les trois organisations ont alerté sur trois préoccupations majeures : la concurrence déloyale, les dysfonctionnements au Port de Dakar et le déficit de dialogue public-privé.

Les organisations ont d’emblée précisé que leur démarche ne relève ni d’une « posture d’opposition » ni d’une « revendication corporatiste ». Elles la présentent comme une démarche de responsabilité destinée à préserver la stabilité, la sécurité et la paix sociale, qu’elles considèrent comme des conditions essentielles à la relance économique. Elles rappellent, à ce titre, que le secteur privé national assure plus de 80 % des emplois et des investissements et ne saurait être le « parent pauvre » des politiques de correction, de redressement et de réforme.

Port de Dakar : des surcoûts dénoncés

Présentée comme le principal fléau, la concurrence déloyale transforme, selon les organisations, le marché national en une « véritable jungle ». L’invasion de produits subventionnés et sous-facturés contribuerait à la fermeture d’industries nationales et à l’affaiblissement du tissu des PME. Les trois structures dénoncent également les avantages fiscaux, fonciers et logistiques accordés à certains grands groupes étrangers, auxquels les entreprises sénégalaises n’auraient pas accès.

Elles demandent, en conséquence, l’activation immédiate de mesures de sauvegarde ainsi que la création d’une autorité indépendante de la concurrence, dotée de pouvoirs de contrôle et de sanction.

La situation du Port de Dakar constitue le deuxième point d’alerte. Les organisations estiment que l’infrastructure, qui devait être un atout de compétitivité, est devenue une source de surcoûts et de perte de compétitivité pour l’économie nationale. Elles dénoncent des dysfonctionnements dans la chaîne de traitement des marchandises, ainsi que l’absence de régulation des frais portuaires.

Selon elles, un conteneur peut rester bloqué pendant 15 à 21 jours en raison de contrôles non coordonnés, avec des frais de 150 000 à 300 000 francs CFA par jour facturés par les compagnies maritimes. Une situation qualifiée de « double peine » pour les opérateurs.

Les organisations demandent ainsi un audit général et indépendant de la chaîne des coûts portuaires, le plafonnement et la publication des tarifs, ainsi qu’une réforme de la gouvernance de l’espace portuaire. Elles ciblent également la gestion du Conseil Sénégalais des Chargeurs (COSEC) et de la plateforme ORBUS Infinity.

Pour un dialogue public-privé institutionnalisé

Le déficit de dialogue public-privé constitue le troisième point soulevé. Les organisations déplorent d’être souvent associées aux décisions publiques pour en être informées plutôt que pour contribuer à leur élaboration. Elles dénoncent notamment l’adoption de nouvelles taxes, restrictions à l’importation ou réglementations fiscales sans étude préalable de leur impact sur le secteur privé.

Elles préconisent l’institutionnalisation d’un dialogue public-privé structuré autour des différents secteurs d’activité, avec un mécanisme de coordination placé auprès du Premier ministre et une instance d’arbitrage de haut niveau sous l’autorité du chef de l’État.

Au terme de leur déclaration, les trois organisations ont formulé trois principales demandes : l’instauration de règles du jeu équitables pour lutter contre la concurrence déloyale ; la remise en conformité du Port de Dakar afin d’améliorer son efficacité et la prévisibilité des coûts ; et la garantie d’une participation effective du secteur privé au dialogue public-privé.

Après la lecture de la déclaration, les présidents des trois organisations se sont succédé au pupitre pour revenir sur les difficultés rencontrées par leurs membres. Djadji Watt est intervenu au nom des acteurs du transit, Khadim Sylla pour l’ACIS et Moustapha Lô pour l’UNACOIS-Jappo.

Onass MENDY

 

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