Café Rose Day 2026 : Une initiative solidaire pour sensibiliser et autonomiser les femmes

Dans le cadre de la campagne Octobre Rose 2026, la première édition du « Café Rose Day » s’est tenue le samedi 24 octobre 2026 au CDEPS de Wakhinane Nimzatt (Guédiawaye). Porté par le Café Touba Al Mountakha (CTAM), cet événement, au cœur de la banlieue dakaroise a été entièrement dédié à la sensibilisation aux cancers du sein et du col de l’utérus, ainsi qu’à la promotion de l’entrepreneuriat féminin. Plusieurs acteurs clés et partenaires se sont mobilisés, notamment la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD).

Placée sous le thème « Santé des femmes, solidarité et autonomisation économique », l’édition 2026 du Café Rose Day associe la lutte contre le cancer du sein à l’entraide et à l’essor économique des femmes. Selon son initiatrice, Bousso Diouf, servir un café doit aller au-delà du simple geste quotidien en intégrant une dimension sociale, de partage et de sensibilisation, en phase avec les priorités d’Octobre Rose.

Prévention et autonomisation

Selon Mme Diouf, cette approche, au-delà des simples actions de sensibilisation ponctuelles d’Octobre Rose, s’inscrit dans une dynamique collective qui conjugue prévention sanitaire et développement économique, notamment la place accordée à l’entrepreneuriat féminin.

Mettant l’entrepreneuriat féminin au cœur de leurs priorités, les organisateurs souhaitent fédérer des partenaires autour du soutien aux femmes entrepreneures. Il s’agit de dépasser la seule sensibilisation pour faire de la solidarité un véritable levier d’autonomie économique.

À travers cette initiative, indique l’initiatrice, le Café Rose Day 2026 ambitionne de faire d’Octobre Rose un véritable carrefour d’énergies et de compétences, uni autour d’un même objectif : placer la santé des femmes au cœur d’une dynamique de solidarité et d’autonomisation. Avec pour mot d’ordre : « Un café, une cause, un engagement »

Afin de promouvoir le dépistage et de renforcer la solidarité envers les femmes, deux panels ont réuni des entreprises, des institutions, des fondations, des associations et des professionnels de la santé. Co-animé par des soignants, le premier panel, intitulé « Santé des femmes et Solidarité », a débuté par l’intervention d’Arame Ndoye. En tant que sage-femme, elle a abordé la prévention et le dépistage des cancers féminins.

Selon elle, la prévention et le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus reposent sur un suivi gynécologique régulier, des examens adaptés à l’âge et une auto-surveillance des seins. Un contrôle annuel est indispensable pour détecter un cancer dès ses premiers stades.

Dans le même sillage, Dr Coumba Kane, médecin, a insisté sur l’importance du dépistage précoce. Selon elle, une détection en amont garantit un meilleur taux de survie, des thérapies moins lourdes et un quotidien et une meilleure qualité de vie.

« Détecté tôt, le cancer du sein se soigne mieux et sa mortalité diminue » a-t-elle assuré. Pour sensibiliser le public, le médecin a partagé les bonnes pratiques de l’autopalpation. Ce geste simple aide à repérer une anomalie rapidement, même s’il ne remplace en aucun cas la consultation annuelle chez un professionnel. Elle a rappelé les trois étapes incontournables d’un bon suivi : examiner la poitrine, palper les aisselles et contrôler les mamelons.

Inclusion financière des femmes

Le premier panel a également été marqué par le témoignage de Ngoné Gaye, rescapée du cancer du col de l’utérus. Elle a livré un témoignage. Selon elle, les rubans rose turquoise masquent une réalité difficile : celle de femmes freinées par la peur, l’isolement médical ou la charge du quotidien, qui les pousse à négliger leur propre santé.

Derrière les chiffres, l’urgence est à la prévention et au dépistage précoce. Sensibiliser va bien au-delà du symbole ou d’une simple campagne annuelle : c’est un acte de solidarité.

Le deuxième panel sur l’entrepreneuriat féminin et l’autonomisation économique a été marqué par l’intervention de Mme Aminata Diop Samb, directrice du Fonds de Développement et de Solidarité Municipal (FODEM), qui a abordé les conditions d’une indépendance économique durable.

Selon elle, la formation, la formalisation et le financement sont indispensables pour garantir la viabilité et la pérennité des initiatives économiques. Elle préconise également un renforcement des compétences axé sur l’éducation financière et le leadership, l’apprentissage de métiers pratiques. Revenant sur les opportunités, Mme Diop a rappelé que le FODEM favorise l’inclusion financière des femmes entrepreneures grâce à un accompagnement englobant la formalisation, la formation, la gestion comptable, la digitalisation, le financement et un suivi.

Elle a conclu en rappelant que le cancer ne doit en aucun cas freiner l’épanouissement professionnel des femmes, mais qu’il peut, au contraire, devenir une source de force et de motivation.

Thérèse SAMBOU

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