Développement du secteur privé : Une stratégie axée sur les pôles territoires
Le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération (MEPC) a organisé, lundi 13 avril 2026, une rencontre d’échanges avec des journalistes membres du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES). Cette session a été consacrée à la présentation de la Stratégie nationale de développement du secteur privé et de promotion de l’investissement (SNDSPI). L’ambition de ce document stratégique est de « développer un secteur privé productif, moteur d’une croissance endogène dans les pôles territoriaux ».
Le diagnostic présenté par le MEPC met en évidence une forte dépendance à la dépense publique, principal levier de développement depuis l’indépendance. Entre 1994 et 2023, celle-ci est passée de 15,9 % à 33,4 % du PIB, tandis que les recettes fiscales ont progressé de 8,9 % à 18,6 % du PIB.
Sur le long terme, la croissance économique moyenne est estimée à 3,2 % entre 1961 et 2023, un niveau jugé insuffisant pour soutenir une transformation structurelle durable de l’économie.
Le rapport souligne également des déséquilibres sectoriels marqués. Le secteur primaire ne contribue qu’à hauteur de 16 % au PIB, alors qu’il concentre près de 47 % des emplois. Par ailleurs, le secteur privé reste confronté à plusieurs contraintes, notamment une faible valorisation des potentialités territoriales, une maîtrise limitée des facteurs de production et un déficit d’opportunités d’investissement.
Le secteur privé au cœur de la transformation
Adossée à la Stratégie nationale de développement (SND) inscrite dans la Vision 2050, la SNDSPI repose sur trois piliers : l’assainissement des finances publiques, la responsabilisation des acteurs privés et la territorialisation des politiques publiques.
« L’ambition est de promouvoir une économie souveraine, portée par un secteur privé fort », a indiqué Mme Juldée Soumaré, Directrice du Développement du Secteur Privé, lors de la présentation.
La stratégie s’articule autour de trois axes, déclinés en huit objectifs et 23 actions prioritaires.
Le premier axe porte sur la compétitivité des territoires. Il vise notamment le renforcement des chaînes de valeur locales et la création d’écosystèmes entrepreneuriaux dynamiques. À ce titre, la stratégie prévoit de soutenir les « identités économiques remarquables » propres à chaque territoire, en accompagnant davantage les entreprises performantes déjà implantées. Mme Soumaré a cité en exemple la Laiterie du Berger dans la zone Nord.
Le deuxième axe concerne la facilitation des affaires et de l’investissement privé. Il met l’accent sur l’amélioration du climat des affaires, à travers un cadre juridique et institutionnel plus attractif, une meilleure maîtrise des facteurs de production et des mesures de promotion de l’investissement.
Un renforcement des structures d’appui
Le troisième axe est dédié à l’appui aux entreprises. Il prévoit une redynamisation des structures d’accompagnement, notamment les organisations professionnelles, patronales et consulaires.
Les Chambres de Commerce, structures d’appui les plus connues des opérateurs économiques, devraient bénéficier d’un renforcement de leurs capacités techniques ainsi que d’une amélioration de leur offre de services. La stratégie envisage également de renforcer la synergie entre les différentes structures d’appui afin d’optimiser l’accompagnement des opérateurs économiques.
Sanou BADIANE

