Sobriété énergétique : L’AEME appelle à changer les habitudes de consommation
L’Agence pour l’Économie et la Maîtrise de l’Énergie (AEME) a lancé, lundi 27 juillet 2026 à la Primature, une campagne nationale de sensibilisation sur la sobriété et l’efficacité énergétique en période de forte chaleur. Déployée jusqu’en novembre, cette initiative vise à promouvoir les bons gestes auprès des ménages, des professionnels et de l’administration afin de réduire le gaspillage et de maîtriser la consommation d’énergie.
Les fortes chaleurs entraînent chaque année une hausse importante de la demande en électricité, notamment en raison de l’utilisation accrue des climatiseurs et autres équipements de refroidissement. Pour faire face à cette situation, l’AEME mise sur la sensibilisation et le changement des comportements avec une campagne articulée autour du slogan « Dolli yaxanal ».
L’objectif est de mobiliser l’ensemble des parties prenantes et de faire de la sobriété énergétique une responsabilité collective. « L’élément de base, c’est la communication pour le changement de comportement », a souligné la directrice générale de l’AEME, Mame Coumba Ndiaye. Elle a insisté sur la nécessité d’intensifier les actions de sensibilisation durant cette période de forte demande.
Des économies immédiates
La campagne s’adresse à toutes les catégories de consommateurs, avec une attention particulière portée aux ménages et aux professionnels. Elle s’appuiera sur les médias, les plateformes numériques et les réseaux sociaux, mais également sur la communication de proximité et les activités événementielles. L’AEME entend ainsi rapprocher le message des populations et favoriser l’adoption durable des bons réflexes.
Pour accompagner cette campagne, l’AEME dispose déjà de 162 contenus de communication. Un focus particulier sera consacré à l’administration publique, avec la promotion de cinq mesures rapides destinées à réduire la consommation énergétique.
La campagne sera également portée par un jingle de sensibilisation à l’économie d’énergie, décliné en trois versions : mbalax, soft et institutionnelle, ainsi qu’en version instrumentale. L’œuvre est interprétée par le groupe Pape & Cheikh.
Pour l’AEME, le lancement officiel ne constitue donc que le point de départ d’une campagne qui se poursuivra jusqu’en novembre, avec l’ambition d’inscrire les gestes d’économie d’énergie dans les habitudes quotidiennes.
Président de l’Association des Consommateurs du Sénégal (ASCOSEN), Momar Ndao a invité les ménages à s’impliquer davantage dans la maîtrise de leur consommation. « En période de chaleur, chaque geste d’efficacité énergétique compte doublement », a-t-il relevé.
Le représentant des consommateurs a notamment recommandé de régler les climatiseurs à une température raisonnable, de débrancher les rallonges et équipements lorsqu’ils ne sont pas utilisés et d’assurer un entretien régulier des appareils électriques.
L’enjeu, selon lui, est de faire de chaque ménage « un acteur actif de la maîtrise de l’énergie et non un destinataire de facture ». La sobriété énergétique constitue ainsi non seulement un enjeu collectif, mais également une source d’économies pour les ménages.
La rationalité comme maître-mot
Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a pour sa part replacé cette campagne dans un contexte marqué par l’intensification des effets du changement climatique, la multiplication des épisodes de forte chaleur et les tensions géopolitiques qui continuent d’affecter les marchés internationaux de l’énergie.
Durant les périodes de forte chaleur, la consommation d’électricité connaît des pics, principalement sous l’effet du recours massif aux équipements de refroidissement. Cette situation exerce une pression sur le système électrique et contribue à augmenter le coût global de l’énergie.
Pour le ministre, la réponse ne saurait toutefois se limiter à produire davantage d’électricité. « Nous devons également apprendre à mieux consommer, car la première énergie est celle que nous ne gaspillons pas », a-t-il déclaré.
Il a ainsi présenté l’efficacité énergétique comme l’un des piliers de la politique économique et énergétique du Sénégal. Elle permet à la fois de réduire les dépenses des ménages, d’améliorer la compétitivité des entreprises, de préserver les finances publiques, de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de renforcer la souveraineté énergétique.
Les données communiquées lors de la cérémonie témoignent de l’importance de l’enjeu. En 2025, les ménages sénégalais représentaient près de 42,4 % de la consommation nationale d’électricité, pour une facture estimée à 293,6 milliards de FCFA. À cette consommation s’ajoutent les besoins énergétiques liés au bois, au charbon de bois, au gaz butane et aux carburants. Les administrations publiques et les entreprises enregistrent également des niveaux de consommation importants.
Double bénéfice
Le ministre a mis en exergue un paradoxe : une partie de cette énergie est gaspillée en raison de comportements facilement corrigibles.
À travers cette campagne, l’AEME et le ministère de l’Énergie et du Pétrole ambitionnent donc d’aller au-delà d’une simple campagne d’information. Il s’agit d’installer progressivement la sobriété énergétique comme un réflexe citoyen et une responsabilité collective.
La sensibilisation sera menée à l’échelle nationale à travers les médias, la presse écrite, les plateformes numériques, les réseaux sociaux, les établissements scolaires, les administrations publiques, les collectivités territoriales et les actions de proximité.
L’objectif est de toucher toutes les composantes de la société afin que chaque consommateur puisse contribuer, à son niveau, à la maîtrise de l’énergie. Chaque kilowattheure économisé représente à la fois une économie pour le consommateur, une réduction de la pression sur le système électrique et un pas supplémentaire vers la souveraineté énergétique du Sénégal.
Onass MENDY

