Grand Débat de la CCIAD sur les PPP : Pour une meilleure participation du secteur privé dans les projets structurants

La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD) a organisé, ce mercredi 16 Septembre 2026, un Grand Débat consacré à un sujet d’une importance majeure pour l’avenir de l’économie sénégalaise, en l’occurrence sur les Partenariats Publics-Privés (PPP) au Sénégal. La rencontre a permis de passer en revue les enjeux et perspectives de ce mécanisme et de formuler des recommandations pour une meilleure participation du secteur privé dans les projets structurants.

 

« Les Partenariats Publics – Privés (PPP) au Sénégal : Stratégies et Pratiques ». Tel est le thème du Grand Débat Economique, qui a regroupé, à la Chambre de Commerce de Dakar, des représentants de l’Etat, des Chambres Consulaires, du patronat, du corps diplomatique, ainsi que des chefs d’entreprises.

En proposant ce thème, l’Institution Consulaire de Dakar a voulu, une nouvelle fois, jouer pleinement son rôle en direction du secteur privé et contribuer au renforcement du dialogue entre les pouvoirs publics et les entreprises, a souligné le président de la CCIAD Abdoulaye Sow, à l’ouverture des travaux.

« Ce thème nous interpelle directement parce qu’il se situe au croisement de trois impératifs : mobiliser davantage de ressources, accélérer la transformation économique de notre pays et garantir une utilisation efficace et durable des ressources publiques », a-t-il ajouté.

Le président de la CCIAD a salué l’option du Sénégal de faire des Partenariats Publics-Privés un accélérateur de la réalisation de ses infrastructures et de mobilisation de capitaux pour son développement.

L’équation des moyens pour le secteur privé national

La Chambre de Commerce de Dakar soutient pleinement cette orientation. Cependant, elle se pose une question essentielle. « Dans les projets PPP qui seront réalisés au Sénégal, quelle est réellement la place qu’il faut donner au secteur privé national ? », s’est-il interrogé.

« Certes nous devons attirer les investisseurs étrangers pour réaliser nos projets. Mais, nous devons également utiliser les PPP pour construire un secteur privé plus fort, mieux capitalisé et capable de conquérir les marchés africains et internationaux », a-t-il précisé.

Les entreprises ont un savoir-faire, mais hélas pas toujours la capacité financière, les garanties et la taille critique permettant de « compétir » valablement avec les grands groupes internationaux.

Dès lors, le secteur privé national a besoin de moyens pour pouvoir mieux participer aux projets en modes PPP, a-t-il argumenté.

Pour lui, il faut aller davantage en profondeur dans la réforme pour traduire en actes législatifs et réglementaires la nécessité de disposer d’un secteur privé national fort, compétitif et à mesure de faire émerger des champions dans toutes les filières.

Pour cela, chaque grand projet de PPP doit comporter un plan de participation du secteur privé national adapté avec notamment, des objectifs précis de sous-traitance locale, de transfert de technologie, de création d’emplois et surtout de participation au capital.

Favorise l’émergence de véritables champions

« Dans cette perspective, il faudrait également faciliter la constitution de consortiums sénégalais associant les entreprises, les banques, les assurances, les fonds d’investissement ainsi que les investisseurs institutionnels pour renforcer davantage l’écosystème d’accueil des grands projets », a-t-il suggéré.

Les cas de réussite dans ce domaine sont nombreux en Afrique. Pour étayer ses propos, le président de la CCIAD a cité le Ghana où le cadre de PPP met en avant le contenu local et le transfert de technologie ; le Kenya qui met l’accent sur la préparation rigoureuse des projets et la mobilisation des capitaux privés.

Abdoulaye Sow a également mentionné le Maroc qui constitue un véritable cas d’école et la Mauritanie voisine avec des mécanismes d’accompagnement qui ont favorisé l’émergence de véritables champions. « Il faudrait s’inspirer de ces modèles pour trouver notre propre voie », a-t-il insisté.

Un Partenariat Public- Privé (PPP) réussi doit, selon lui, laisser au Sénégal une infrastructure de qualité mais également, des entreprises locales plus fortes, des compétences, un capital et de la technologie.

« C’est à cette condition seulement que les PPP deviendront un véritable instrument de transformation économique et de souveraineté nationale », a-t-il indiqué.

Le président du Conseil des Entreprises du Sénégal (CDES) Babacar Diagne, le président de l’Association des Commerçants et Industriels du Sénégal (ACIS) Khadim Sylla, le président de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES), Abdel Kader Ndiaye et le président du Conseil National du Patronat (CNP), Baïdy Agne ont également plaidé pour une meilleure participation du secteur privé national dans les projets structurants.

Joseph SENE

 

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