Mois du Consommer Local 2026 : Des solutions locales pour renforcer la productivité et l’accès au financement
La deuxième journée de l’édition 2026 du « Mois du Consommer local », qui se tient du 26 au 30 octobre au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES), a été marquée par des présentations consacrées aux innovations des PME et aux mécanismes d’accompagnement. Organisée par la Direction des petites et moyennes entreprises (DPME) et l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME), cette manifestation est placée sous le thème : « Consommer local, facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique face aux mutations du commerce mondial ».
Ce rendez-vous annuel entend valoriser le savoir-faire des entreprises sénégalaises et encourager les consommateurs à découvrir et à adopter les produits fabriqués localement. « Aujourd’hui, le consommer local a fini de faire l’unanimité par rapport à la qualité, aussi bien au Sénégal que dans la sous-région », a déclaré Issakha Fall, directeur de la croissance, de l’accès au financement et de la structuration à l’ADEPME.
Arrawtech : des machines pour moderniser la transformation des céréales
La première présentation de la journée a mis en lumière Arrawtech, une jeune entreprise spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de solutions technologiques destinées à moderniser la transformation des céréales locales. Fondée par de jeunes ingénieurs diplômés de l’École supérieure polytechnique (ESP) de Dakar, la startup conçoit des machines capables de transformer différentes matières premières, notamment le mil, le maïs, le riz et le manioc.
« Cette machine a été conçue pour augmenter la productivité des femmes transformatrices », a expliqué Ndeye Khady Touré, cofondatrice d’Arrawtech. L’entreprise propose actuellement deux capacités de transformation : 300 kg et 800 kg par jour. Les prix des équipements varient de 900 000 à 3,1 millions de francs CFA, selon la responsable.
Présente sur le marché sénégalais et dans la sous-région, la startup a réalisé un chiffre d’affaires de 141 millions de francs CFA en 2025.
Dans le but de rendre ses solutions accessibles aux acteurs disposant de moyens financiers limités, l’entreprise a également lancé le projet Kaymogne. Celui-ci prévoit l’installation de centres de transformation à travers le Sénégal, où les utilisateurs pourront faire transformer leurs céréales sans avoir à acquérir eux-mêmes les équipements.
Pour Arrawtech, le prochain défi consiste à changer d’échelle. « Passer d’une logique de startup à une logique industrielle » constitue, selon Ndeye Khady Touré, l’un des principaux objectifs de l’entreprise, qui entend accroître ses capacités de production de machines.
Le GUF-PME pour faciliter l’accès des entreprises au financement
L’ADEPME a également présenté le Guichet unique d’accès aux financements des PME (GUF-PME), une plateforme numérique conçue pour rapprocher les petites et moyennes entreprises, les institutions financières et les structures d’accompagnement.
Ce dispositif vise notamment à faciliter l’accès au financement en réduisant les difficultés liées à l’asymétrie d’information entre les entreprises et les institutions financières. Il doit permettre aux PME de mieux faire connaître leurs besoins et leur situation aux partenaires susceptibles de les financer.
Selon Issakha Fall, la phase pilote du dispositif a permis d’accompagner plus de 690 PME. Parmi elles, 390 ont réussi à mobiliser des financements pour une enveloppe globale de plus de 8 milliards de francs CFA.
Indice de formalisation des entreprises
Autre outil présenté par l’ADEPME, la plateforme « Indice de formalisation » permet aux entreprises d’évaluer leur niveau de formalisation et d’identifier les aspects à améliorer.
Selon Yacine Ndoye, chargée de programme à l’Agence, la formalisation est souvent réduite à l’obtention d’un registre de commerce et d’un numéro d’identification nationale des entreprises et des associations (NINEA). Or, elle englobe également plusieurs dimensions du fonctionnement de l’entreprise, notamment la comptabilité, la conformité fiscale, la gestion financière, les capacités organisationnelles et numériques ainsi que les conditions de travail des employés.
Concrètement, la plateforme permet à chaque entreprise de renseigner les informations demandées afin d’obtenir une évaluation de son niveau de formalisation. Elle fournit ensuite des orientations pour l’aider à progresser et à mieux satisfaire aux exigences liées à son développement.
La plateforme a permis de constater qu’en moyenne, les entreprises sénégalaises sont formelles à 36%.
Sanou BADIANE

