Rencontre sur le financement du secteur informel par la microfinance : Mieux positionner les acteurs dans les niches dédiées

La récurrente question de l’accès aux financements des acteurs du secteur informel a réuni opérateurs économiques, décideurs et experts de l’administration sénégalaise, en cette journée du 13 mai 2026, au sein de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD).

La finalité est claire pour l’institution consulaire de Dakar : évoquer des problématiques qui impactent le quotidien des acteurs du secteur privé. Dans ce sillage, la ‘’Commission Microfinance, Secteur informel et Marchands ambulants’’ de la CCIAD a initié la journée d’échanges sur le financement du secteur informel par la microfinance.

Pour le président de ladite Commission, Cheikhouna Dieng, « le secteur informel constitue aujourd’hui un pilier fondamental de notre économie. Il représente une source importante d’emplois, de revenus et d’opportunités pour des milliers de Sénégalaises et de Sénégalais ». Toutefois, il estime que « malgré sa contribution significative à la vie économique nationale, ce secteur continue cependant de faire face à des contraintes majeures, notamment en matière d’accès au financement ». Selon le président de la ‘’Commission Microfinance, Secteur informel et Marchands ambulants’’ de la CCIAD, « dans ce contexte, la microfinance joue un rôle central ». « Elle constitue un outil privilégié d’inclusion financière permettant de rapprocher les services financiers des populations exclues des circuits bancaires classiques, explique Cheikhouna Dieng. Il ajoute que « grâce à des mécanismes souples et adaptés, elle offre à de nombreux entrepreneurs la possibilité de développer leurs activités, d’améliorer leurs revenus et de renforcer leur autonomie économique ».

Un soutien plus accru à l’endroit du secteur informel

Pour sa part, le président de la CCIAD, Abdoulaye Sow renseigne que « derrière chaque étal de marché, chaque atelier artisanal, chaque activité de transformation ou de prestation de services, il y a des femmes et des hommes courageux qui entreprennent, innovent et contribuent quotidiennement à la dynamique économique de notre pays ». Il poursuit pour dire que « les acteurs du secteur informel rencontrent souvent des difficultés pour accéder aux circuits classiques de financement, faute de garanties suffisantes, de formalisation ou encore d’accompagnement adapté ». Ainsi, le président de la CCIAD soutient que « c’est précisément dans ce contexte que la microfinance apparaît comme un levier stratégique et un instrument puissant d’inclusion économique et sociale. Il est d’avis qu’en  «  rapprochant les services financiers des populations, en proposant des mécanismes souples et adaptés aux réalités locales, les institutions de microfinance jouent un rôle déterminant dans le soutien à l’entrepreneuriat, à l’autonomisation des femmes et des jeunes, ainsi qu’au développement des petites activités génératrices de revenus ».

Néanmoins, Abdoulaye Sow indique qu’il faut relever certains défis, notamment la faiblesse des capacités de gestion de certains bénéficiaires, le niveau parfois élevé des coûts de financement, les difficultés liées au remboursement et surtout le besoin de construire une relation durable de confiance entre les institutions financières et les acteurs du secteur informel.

Mieux, le président de la CCIAD poursuit pour dire que «  la transformation structurelle de notre économie ne pourra se faire sans une meilleure intégration du secteur informel dans les politiques de développement économique et financier ». A cet effet, « il nous appartient collectivement de créer un environnement favorable qui encourage la formalisation progressive, renforce les capacités entrepreneuriales et facilite l’accès aux ressources financières », énumère le président de la CCIAD. Il n’a pas manqué par ailleurs de rendre hommage au défunt président de la ’’Commission Microfinance, Secteur informel et Marchands ambulants’’, Lat Souck Mbame qui avait commencé le travail pour la tenue de la présente rencontre.

Amélioration des conditions de vie des populations

Le directeur de la Microfinance et de l’Inclusion financière, Moussa Dieng pense qu’il est impératif « d’améliorer concrètement l’accès au financement » pour les acteurs du secteur informel. D’après lui, on ne peut « ignorer les défis qui se présentent, notamment l’incapacité des IMF (institutions de microfinance), à satisfaire la demande globale du secteur informel du fait parfois des contraintes de viabilité et de pérennité ».

Il fait remarquer que dans cette dynamique, le Ministère de la Microfinance et l’Economie sociale et solidaire (MMESS), sous l’impulsion du Dr Alioune Dione, « est résolument dans une nouvelle approche marquant un changement de paradigme. Il s’agit de positionner la microfinance comme moteur de développement des initiatives économiques communautaires, avec comme « finalité l’amélioration des conditions de vie des populations », informe le directeur de la Microfinance et de l’Inclusion financière. Ce dernier rappelle que c’est tout le sens du « Pacte pour l’inclusion financière universelle (PACTIFU) », lancé par sa direction récemment avec l’Association professionnelle des Systèmes financiers décentralisés du Sénégal. Dans le détail, Moussa Dieng explique que le PACTIFU est une initiative de l’Etat du Sénégal portée par le MMESS, lancée en fin 2025 pour mobiliser près de 683 milliards FCFA entre 2025 et 2029.  Il vise à financer TPE, MPME et acteurs de l’ESS (économie sociale et solidaire) via des institutions de microfinance, notamment pour les jeunes et les femmes. En outre, des conventions ont déjà été signées et des financements remis à des institutions de microfinance pour opérationnaliser le pacte, renseigne Moussa Dieng. Comme pour dire que les acteurs du secteur informel ont une carte à jouer avec ce nouvel instrument du Pacte pour l’inclusion financière universelle.

EL Hadji Sady NDIAYE

 

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