23ème édition du SIEPA : Enjeux et perspectives des ressources extractives
La 23ème édition du Salon International de l’Energie et du Pétrole en Afrique (SIEPA) se tient du 12 au 13 mai 2026 à Dakar. Décideurs, experts et acteurs privés du secteur de l’énergie sont réunis autour du thème « Les ressources extractives : enjeux et perspectives ». L’Italie est le pays invité d’honneur de l’événement organisé par l’Association Sénégalaise pour le Développement de l’Energie en Afrique (ASDEA) en collaboration avec l’Association pour le Développement de l’Energie en Afrique (ADEA) et le Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines.
Le président de l’ASDEA, Mohamed Seck a mis en exergue les immenses ressources naturelles dont regorge l’Afrique. En effet, le continent dispose de pétrole, de gaz, de minéraux stratégiques, de terres rares, de potentiels solaires et éoliens. Selon lui, l’enjeu majeur est de transformer ces richesses en prospérité durable pour nos populations.
M. Seck indique que le SIEPA se veut un espace de dialogue, de réflexion et de discussions concrètes autour de plusieurs défis majeurs, à savoir la gouvernance des ressources naturelles, la transparence et la valorisation locale, la transition énergétique, l’accès universel à l’énergie, le financement des infrastructures, ainsi que le développement des compétences appliquées dans les métiers de l’énergie et des mines. Il précise que l’ambition collective est de faire des ressources extractives un levier de croissance inclusive et de stabilité pour l’Afrique en général et pour le Sénégal en particulier. Son souhait est que cette édition du SIEPA soit un moment de convergence, d’innovation et d’engagement pour une Afrique énergétiquement souveraine, économiquement forte et résolument tournée vers l’avenir. M. Seck a rendu un hommage appuyé à feu Abdou Diouf Junior, journaliste spécialiste des ressources extractives, rappelé à Dieu le 10 mars dernier.
Propre trajectoire énergétique
Le président de l’ADEA, Jean Pierre Favennec, a fait le point sur la situation énergétique mondiale. Il note que la consommation est en hausse malgré la percée de la transition énergétique. Les émissions de gaz à effet de serre continuent de croitre. Toutefois la part de l’Afrique reste limitée à 3%. M. Favennec est convaincu que les ressources minières sont indispensables pour le développement du continent.
S’exprimant sur la fermeture du détroit d’Ormuz, le président de l’ADEA estime que les conséquences sont inquiétantes surtout si celle-ci se prolonge. Il a rendu hommage à feu Idrissa Bodian, pionnier du SIEPA, disparu en 2023.
Venu représenter le ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines, le secrétaire général du Ministère, Cheikh Niane, a salué l’engagement constant de l’ADEA et de l’ASDEA au service du dialogue énergétique africain. Il a mis en exergue la place centrale occupée par les questions énergétiques dans les stratégies de souveraineté économique, de transformation industrielle et de résilience des États. Selon lui, l’Afrique est appelée à définir sa propre trajectoire énergétique face aux tensions sur les marchés mondiaux, aux exigences accrues de compétitivité et aux impératifs de la transition énergétique. Il a souligné le contraste au niveau du continent matérialisé par le déficit d’accès à l’énergie pour des centaines de millions de ses habitants et le potentiel exceptionnel en ressources fossiles, renouvelables et minières.
M. Niane a estimé que la génération actuelle doit relever le défi le plus structurant consistant à concilier la satisfaction des besoins énergétiques croissants de nos populations, le développement industriel de nos économies et nos engagements internationaux.
L’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs de pétrole grâce aux projets GTA et Sangomar marque un tournant.
Encourager les investissements
Le représentant du ministre souligne que ces projets ouvrent des perspectives importantes, non seulement en matière de recettes budgétaires pour l’investissement, mais également en matière d’industrialisation, de production électrique, de contenu local, de formation et de création d’emplois pour notre jeunesse. Il précise qu’au-delà des performances techniques et financières, le véritable défi demeure celui de la gouvernance et de la valorisation stratégique de nos ressources. L’ambition, selon lui, est de bâtir une industrie énergétique capable de soutenir durablement la croissance économique, de renforcer notre tissu industriel et de favoriser l’émergence d’un secteur privé national en particulier.
Revenant sur le thème de la 23ème édition du SIEPA, le secrétaire général du Ministère le considère comme une invitation à réfléchir collectivement aux conditions d’une exploitation responsable et équilibrée des ressources extractives, conciliant attractivité des investissements, souveraineté économique, protection de l’environnement et développement commun. Pour lui, le thème concerne toute l’Afrique, singulièrement notre sous-région ouest-africaine, où la finalisation des interconnexions électriques du West African Power Grid, les projets gaziers transfrontaliers et l’intégration des marchés énergétiques dessinent les contours d’un véritable espace énergétique communautaire.
M. Niane a qualifié le SIEPA de plateforme de référence pour les échanges, le dialogue et la mise en relation entre les différents acteurs du secteur énergétique africain. Il est persuadé que les échanges prévus au cours des deux jours permettront d’enrichir les réflexions et d’identifier des actions concrètes. Il espère que les travaux vont contribuer à renforcer la coopération régionale, à encourager les investissements structurants, à consolider les partenariats internationaux et à promouvoir une vision africaine ambitieuse, lucide et solidaire pour notre avenir énergétique.
Le président de la Chambre de Commerce Italie-Sénégal et Afrique de l’Ouest (CISAO), Félice Barlassina a soulevé deux questions liées à l’exploitation des ressources minières. Celles-ci peuvent être source de tensions comme elles peuvent favoriser des partenariats garantissant la résilience. Selon lui, l’Afrique est face à un dilemme consistant à exploiter ses ressources tout en assurant la protection de l’environnement. Il estime que le continent africain doit profiter de ses immenses potentialités pour réduire le coût de l’énergie.
Partenariats fructueux
M. Barlassina est persuadé que la transition énergétique constitue une chance pour l’Afrique dans la mesure où elle consiste à concilier le développement et la durabilité. Il a insisté sur l’importance d’opter pour une gestion des ressources naturelles au profit des populations afin de bâtir un développement durable et équitable. D’après lui, il est crucial de placer les populations au cœur de l’exploitation. Le président de la CISAO a souligné le rôle clé du capital humain et social dans l’adoption des technologies et des innovations. Il encourage le partage d’expérience et de technologies entre l’Italie et le Sénégal. M. Barlassina a souligné la présence renforcée des institutions italiennes en Afrique de l’Ouest et au Sénégal ces dernières années. Dans cette lancée, la CISAO s’engage pour bâtir des ponts durables, renforcer les liens économiques et culturels entre les deux pays.
Dans le même sillage, le directeur de l’Italian Trade Agency (ITA) de Dakar, Alessandro Germino, a plaidé pour la mise en place de partenariats mutuellement bénéfiques. Il a rappelé la place de l’Italie comme acteur de premier plan au niveau mondial dans le secteur des hydrocarbures en matière de services et de fabrication d’équipements. M. Germino a confirmé le rapprochement des secteurs privés italien et sénégalais comme l’illustre la participation de nombreuses délégations importantes aux grands événements économiques organisés de part et d’autre.
Onass MENDY

