Abdoulaye Sow, Président de la CCIAD : « Les opérateurs économiques marocains et sénégalais doivent co-investir et coproduire »
Le président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar Abdoulaye Sow, est l’invité d’honneur du déjeuner-débat, organisé ce mercredi 30 Septembre 2026, par l’Ambassadeur du Royaume du Maroc au Sénégal, en collaboration avec la CCIAD et le Cabinet d’avocats SCP Houda et associés. Cette rencontre économique a été axée sur les partenariats économiques Maroc-Sénégal, en relation avec le contenu local et l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA). Après avoir mis en exergue les atouts de ces deux mécanismes, le président de la CCIAD a invité les opérateurs économiques des deux pays à s’inscrire désormais dans une logique de co-investissement, de coproduction et de création de chaînes de valeur régionales.
« Cette rencontre intervient à un moment où le Sénégal entend consolider son attractivité économique, renforcer son secteur privé et favoriser des investissements créateurs de valeur, d’emplois et de compétences … Le choix de ce thème est donc particulièrement pertinent.
Le Sénégal et le Maroc entretiennent une relation ancienne, dense et fraternelle, fondée sur des liens historiques, humains et culturels, mais également sur une coopération économique qui ne cesse de se développer.
Nos deux pays disposent aujourd’hui d’un potentiel considérable pour approfondir leur partenariat, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’agriculture, de l’industrie, des services, de la finance, des nouvelles technologies, de l’énergie et de la formation professionnelle.
Mais pour transformer ce potentiel en résultats durables, nous devons créer les conditions de la confiance. Investir, c’est d’abord avoir la confiance dans la stabilité des règles, la sécurité juridique des opérations, la transparence des procédures et dans la capacité des institutions à accompagner l’investisseur.
Encourager les partenariats
A cet égard, le cadre juridique OHADA constitue un atout majeur pour les investisseurs opérant au Sénégal et plus largement dans l’espace communautaire…
Le Sénégal peut constituer une plate-forme d’accès à un marché ouest africain plus vaste.
Toutefois, la sécurité juridique ne saurait être le seul objectif. Nous devons également veiller à ce que l’investissement produise des retombées économiques et sociales significatives pour notre pays. C’est tout le sens de la question du contenu local.
Le contenu local doit permettre de mieux intégrer les entreprises sénégalaises dans les chaînes de valeur. Mais, il ne s’agit pas d’opposer l’investisseur étranger à l’entreprise nationale.
Au contraire, notre ambition doit être de faire de l’investissement international un levier de développement du secteur privé sénégalais.
Nous devons encourager les partenariats entre entreprises marocaines et sénégalaises, les joint-ventures, la sous-traitance locale, la formation des jeunes, le transfert de compétences et l’émergence de champions nationaux capables, demain, de se projeter eux-mêmes sur les marchés africains.
Logique de co-investissement
Le contenu local doit être comme un facteur de compétitivité et de création de valeur et non comme une contrainte administrative supplémentaire.
La présence d’entreprises marocaines au Sénégal témoigne de la profondeur de notre coopération économique.
Nous devons désormais franchir une nouvelle étape : passer d’une logique de présence à une logique de co-investissement, de coproduction et de création de chaînes de valeur régionales.
Cette nouvelle dynamique doit bénéficier aux deux économies. Elle doit également s’inscrire dans une vision plus large : celle d’une Afrique capable de mobiliser ses ressources, ses entreprises, ses talents et ses marchés pour accélérer son développement. Le Sénégal et le Maroc doivent jouer un rôle important dans cette dynamique… »
Joseph SENE

