114e Conférence internationale du Travail : Business Africa plaide pour un rôle renforcé du BIT et soutient un second mandat de Gilbert Houngbo
En marge de la 114e Session de la Conférence Internationale du Travail (CIT), qui se tient à Genève, en Suisse, du 1er au 12 juin 2026, le président de Business Africa, Baïdy Agne, a été reçu en audience, le mardi 9 juin, par le directeur général du Bureau International du Travail (BIT), Gilbert Houngbo. Cette rencontre a été l’occasion d’aborder plusieurs enjeux majeurs liés à l’avenir du monde du travail et à la place de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) dans un contexte mondial marqué par de profondes mutations économiques et sociales.
Accompagné d’une délégation restreinte composée notamment des présidents des organisations patronales d’Algérie et de Zambie, ainsi que des trois membres titulaires employeurs africains au Conseil d’administration du BIT, dont le secrétaire général du Conseil National du Patronat (CNP), Hamidou Diop, Baïdy Agne a réaffirmé l’importance du rôle joué par le BIT dans la régulation mondiale de l’entreprise et du travail, rapporte un communiqué de Business Africa.
Au cours des échanges, le président de Business Africa a exprimé ses préoccupations face aux récentes coupes budgétaires des États-Unis, premier contributeur du BIT avec près de 22 % de son budget ordinaire. Selon lui, bien que plusieurs agences des Nations unies soient affectées par cette situation, l’OIT mérite une attention particulière en raison de son caractère unique en tant qu’institution tripartite réunissant gouvernements, employeurs et travailleurs. « L’OIT joue un rôle essentiel dans la promotion de la paix sociale, de la stabilité et de la justice sociale à travers le monde. Son action demeure indispensable dans un contexte marqué par de nombreux défis économiques et sociaux », a-t-il souligné.
Un soutien affirmé à la candidature de Gilbert Houngbo
Baïdy Agne a également salué le bilan de Gilbert Houngbo à la tête du BIT. Il a mis en avant les réformes engagées en matière de gouvernance et de gestion administrative, qui ont permis à l’organisation d’améliorer son efficacité tout en anticipant les conséquences des contraintes budgétaires actuelles.
À quelques mois de l’élection du directeur général du BIT, prévue en novembre prochain, le président de Business Africa a officiellement apporté son soutien à la candidature de Gilbert Houngbo pour un second mandat. Selon lui, le responsable togolais dispose de l’expérience et de la légitimité nécessaires pour poursuivre les réformes engagées. « Tous les directeurs généraux du BIT ont bénéficié d’au moins deux mandats. Au regard des résultats obtenus et des défis auxquels l’institution est confrontée, il apparaît nécessaire de garantir la continuité des actions entreprises », a estimé Baïdy Agne.
Le président de Business Africa a également inscrit cette question dans une perspective de coopération internationale. Rappelant les engagements pris lors des sommets Afrique-Europe de novembre 2025 et Afrique-France de mai 2026 en faveur d’un partenariat renouvelé entre les continents, il a appelé les partenaires européens à soutenir la candidature du directeur général sortant.
L’économie des plateformes au cœur des discussions
Au-delà des questions institutionnelles, l’audience a permis d’aborder plusieurs dossiers inscrits à l’ordre du jour de la 114e CIT. Les discussions ont notamment porté sur l’élaboration d’une norme internationale relative au travail décent dans l’économie des plateformes numériques.
Face à l’essor rapide de cette nouvelle forme d’organisation du travail, Baïdy Agne et Gilbert Houngbo ont souligné la nécessité d’adopter une approche équilibrée, capable de favoriser l’innovation et la création d’emplois tout en garantissant une protection adéquate des travailleurs.
Pour le président de Business Africa, le secteur privé africain doit s’impliquer activement dans les négociations en cours afin de veiller à ce que les futures normes internationales prennent en compte les réalités du continent. « L’Afrique doit disposer d’un instrument adapté, juste et soutenable, susceptible d’accompagner le développement des plateformes africaines et de favoriser une croissance économique plus inclusive », a-t-il indiqué.
Le dialogue social comme levier de stabilité
Les échanges ont également mis en lumière l’importance du dialogue social et du tripartisme comme facteurs de stabilité économique et sociale. Le président de Business Africa a exprimé sa satisfaction quant à la feuille de route définie par le BIT dans ce domaine, estimant qu’elle répond aux attentes du secteur privé africain.
Pour Baïdy Agne, la promotion d’une démocratie sociale active au sein des entreprises passe par « le renforcement des mécanismes de bonne gouvernance et de suivi du dialogue entre employeurs, travailleurs et pouvoirs publics ». Il a insisté sur la nécessité de garantir les droits fondamentaux des travailleurs tout en préservant un environnement favorable aux investissements privés.
Enfin, la question de la productivité du travail a occupé une place importante dans les discussions. Dans ce sillage, M. Agne a plaidé pour un renforcement de l’assistance technique apportée par le BIT aux entreprises africaines, afin de les aider à améliorer leur compétitivité et leur capacité à créer des emplois décents et durables.
Sanou BADIANE

