RSE : Le CNP prépare la remise de ses labels pour les entreprises

En prélude à la cérémonie de remise des Labels RSE et Développement durable, prévue lors des Assises du Conseil national du patronat (CNP), les 17 et 18 décembre 2026, l’organisation patronale a tenu, mardi 29 septembre, une conférence de presse consacrée aux enjeux de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Plusieurs entreprises membres du CNP, implantées dans différentes localités du Sénégal, ont pris part à cette rencontre. Elles mettent en œuvre, au-delà de leurs obligations légales, des initiatives destinées à améliorer les conditions de vie des populations de leurs communautés d’implantation, notamment dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, de la santé et de l’accompagnement des personnes vulnérables.

Selon le secrétaire général du CNP, Hamidou Diop, les actions de RSE ciblent notamment « les populations les plus vulnérables », les personnes en situation de handicap, les femmes ayant besoin d’accompagnement, les jeunes en quête de formation et d’emploi, ainsi que les acteurs des chaînes d’approvisionnement.

L’objectif, a-t-il expliqué, est de renforcer la création de valeur au niveau local et de contribuer à préserver la dignité des populations. Pour le secrétaire général du CNP, la RSE relève d’une démarche volontaire et citoyenne, distincte des obligations fiscales auxquelles les entreprises sont déjà soumises. « Mais c’est un acte volontaire, un acte citoyen, un acte responsable », a-t-il précisé.

Lancé en 2022, le Label RSE et Développement durable du CNP compte actuellement une trentaine d’entreprises titulaires. Pour obtenir cette distinction, les entreprises doivent satisfaire à un certain nombre d’exigences correspondant aux trois niveaux de labellisation définis par le patronat.

Trois niveaux de labellisation

L’expert en RSE du CNP, Philippe Barry, qui accompagne les entreprises membres dans la structuration de leurs démarches, a détaillé les trois niveaux du dispositif.

Le premier niveau (1 étoile) concerne les entreprises qui mettent en place une organisation dédiée à la RSE, notamment à travers un comité composé de représentants des différentes directions fonctionnelles. Le CNP les accompagne dans la formation de ces comités, ainsi que dans la mise en place d’outils de pilotage et de plans d’action RSE.

Le deuxième niveau (2 étoiles) est attribué aux entreprises capables de démontrer l’existence de projets RSE structurants et à impact, notamment à travers des partenariats et des indicateurs de suivi.

Le troisième niveau (3 étoiles) considéré comme l’aboutissement de la démarche, repose sur la redevabilité et la transparence. Il implique notamment la publication d’un rapport RSE comprenant une grille d’indicateurs ESG couvrant les dimensions environnementale, sociale, sociétale et de gouvernance.

Selon Philippe Barry, les entreprises engagées dans le dispositif doivent publier chaque année leurs indicateurs et rendre compte de leur évolution, qu’elle soit positive ou négative.

Une responsabilité partagée

L’expert en RSE constate toutefois que l’engagement des entreprises sénégalaises de manière générale, dans la RSE reste encore limité. Il estime que la responsabilité est partagée entre l’État, les entreprises et la société civile.

Du côté des entreprises, il préconise notamment le renforcement de la formation des dirigeants et des cadres sur les enjeux et les pratiques de la RSE.

Pour l’État, il estime nécessaire de consolider le cadre juridique et institutionnel. Il relève que cette dimension est déjà prise en compte dans le Code des marchés publics, tout en appelant à aller plus loin, notamment à travers la défiscalisation des investissements liés à la RSE.

La société civile a également un rôle à jouer, selon lui, en contribuant à mieux faire comprendre aux populations la vocation et les responsabilités d’une entreprise.

« Une entreprise n’a pas vocation à financer toutes les actions qu’attendent les populations. Une entreprise peut gagner de l’argent une année, mais en perdre l’année suivante », a-t-il rappelé.

Sanou BADIANE

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