Énergie et hydrocarbures : Le Sénégal veut accélérer sa transformation
Le ministre des Énergies et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, a présenté, lors d’une rencontre avec la presse, le jeudi 1er Octobre 2026, les principaux enjeux et réformes engagés dans le secteur de l’énergie et des hydrocarbures. La sécurisation de l’approvisionnement électrique, la réduction des coûts, la valorisation du gaz et la modernisation de la gouvernance figurent parmi les priorités.
Le Sénégal entend consolider son système énergétique tout en tirant davantage profit de ses ressources en pétrole et en gaz. Face à une demande d’électricité en forte progression, ayant augmenté de plus de 12 % avec une pointe de 1 400 MW en août 2026, le Ministère mise sur le renforcement des capacités de production, des réseaux et du stockage, ainsi que sur le développement des énergies renouvelables.
Levier d’industrialisation
La stratégie Gas-to-Power constitue un axe majeur de cette politique. Elle vise à réduire progressivement la dépendance aux combustibles liquides et à utiliser davantage le gaz naturel pour produire une électricité moins coûteuse. Le développement du Réseau Gazier du Sénégal (RGS), avec environ 340 km de gazoducs programmés, doit notamment permettre d’acheminer le gaz national vers les centrales électriques et les industries.
Sur le volet hydrocarbures, le ministre a insisté sur la nécessité de transformer les ressources en levier d’industrialisation. Le Sénégal veut développer les chaînes de valeur, renforcer les compétences nationales et favoriser l’émergence d’entreprises nationales dans le secteur. La relance de l’exploration du bassin sédimentaire, qui compte 113 blocs pétroliers dont 48 offshore et 65 onshore, s’inscrit dans cette dynamique.
Le projet Yakaar-Teranga occupe également une place stratégique, notamment pour l’approvisionnement du marché domestique, le Gas-to-Power et le Gas-to-Industry. Les autorités souhaitent son développement dans des conditions préservant les intérêts du Sénégal, avec un rôle majeur accordé à PETROSEN.
Accès universel à l’électricité
Le Gouvernement entend, par ailleurs, renforcer la gouvernance du secteur. Senelec devra évoluer vers une organisation davantage structurée autour de ses métiers, tandis que PETROSEN est appelée à devenir un groupe énergétique national intégré. La fusion de l’Agence Nationale de l’Electrification Rurale (ANER) et de l’Agence pour l’Economie et la Maîtrise de l’Energie (AEME) devrait participer également à la volonté de rationaliser l’architecture institutionnelle du secteur.
Enfin, le Ministère prépare une loi de programmation énergétique 2027-2031, couvrant notamment l’électricité, les hydrocarbures, le gaz, les renouvelables et l’accès universel. Un Code général des hydrocarbures est également en préparation afin d’encadrer l’ensemble de la chaîne de valeur. À terme, l’ambition affichée est de construire un système énergétique « plus souverain, plus compétitif, plus inclusif et plus durable », tout en assurant un accès universel à l’électricité à l’horizon 2029.
En complément, les principaux collaborateurs du ministre ont tour à tour fait des présentations sur l’accès à l’électricité, l’amont pétrolier, l’aval des hydrocarbures ainsi que les perspectives et la gouvernance du secteur. Un temps a été consacré aux échanges avec les journalistes qui ont souligné la nécessité de rendre accessible l’information dans ce secteur stratégique.
Onass MENDY

